Skip to main content

Le Père Eusèbe Ménard, o.f.m., nous exhortait, au Collège Saint-Jean-Vianney, à ne pas exagérer les termes employés pour décrire Marie : «Marie est presque divine»; «son pouvoir est presque illimité»; «elle est aux confins de la divinité». L’auditeur préparé se rebelle contre ce style. Marie a reçu un message, une «mission» de Dieu, comme c’est le cas pour nous tous. Le père Ménard disait que, pour comprendre ces missions personnelles, il suffit d’être attentif à tous les nécessiteux et à toutes les misères humaines qui demandent notre aide.

C’est sans doute dans ce contexte que le Père Eusèbe a accepté, en 1961, l’offre de la propriétaire d’une montagne à Chertsey, Mlle Emma Curotte. Cette dernière voulait lui confier sa propre mission, celle de continuer la construction d’un sanctuaire dédié à Marie sur sa montagne.

Il serait grand temps que nous nous impliquions davantage à améliorer le site offert par Mlle Curotte en le rendant plus accessible en tant que maison d’accueil. De plus, ce sanctuaire, appelé «Marie-Reine-des-Cœurs», à Chertsey, dans la région de Lanaudière, n’est qu’à seulement une heure de Montréal.

 

Le sanctuaire

 

C’est un endroit exceptionnel pour un moment de repos, de réflexion, de redécouverte du sens de la vie, surtout en ces temps perturbés que nous vivons actuellement. Tout le monde peut s’y ressourcer, que nous soyons riches ou pauvres, malades ou bien portants, d’approche religieuse ou non.

On choisit souvent de venir au sanctuaire pour retrouver la paix du silence et le sens de l’humanité qui semble, à notre époque, faire défaut à nos sociétés affectées par les guerres, les cœurs brisés et les maladies mentales. D’autres viennent au sanctuaire pour prier. Le Padre Pio, frère capucin, disait que «dans les livres nous cherchons Dieu, dans la prière nous le trouvons.» La prière est la clé qui ouvre le cœur à Dieu.

De ce fait, cette montagne d’une grande beauté nous encourage à nous reconnecter à nous-mêmes, à notre humanité et au monde qui nous entoure en privilégiant une approche foncièrement humaine. L’amour ne vient-il pas du cœur?

Le chemin principal s’élève progressivement sur un kilomètre et nous fait visiter six chapelles. Tous les jours, de 9h à 20h, elles sont ouvertes, offrant un espace de quiétude, de sérénité et de silence, propice à la méditation, à la contemplation ou à la prière, si la météo le permet. Chaque chapelle possède une identité unique et elles sont toutes remarquablement bien préservées.

Ce lieu paisible, cette montagne consacrée à Marie, demeure un excellent point de rencontre avec le divin qui nous transforme, tel que rapporté par Luc, un de ceux qui accompagnaient Jésus lors de son passage sur la terre : « il faut parfois secouer nos croyances et nos idées afin de trouver l’Esprit de la loi de Dieu. » (Luc 6-1,5). Cette dernière nous a été transmise pour notre plus grand bonheur. Marie peut nous aider, en plus de l’Esprit-Saint, à bien saisir cette loi divine

 

La vierge est le reposoir du cœur de Dieu, qui est plus mère qu’elle infiniment… En effet, prier avec Marie, c’est toujours se tourner vers le mystère infini de la tendresse maternelle de Dieu.[1]

 

Pour Dante, Marie, la Mère du Christ, a ennobli la vie : «Ô toi qui as ennobli la vie de telle manière que celui qui était ton créateur a voulu se faire sa créature!» Elle est la Reine des cœurs pour tous, sans aucune exception. Cette vénération est loin d’une dévotion mièvre, car elle fait fleurir nos vies pour embellir le chemin proposé par son Fils.

N’oublions pas, dans nos réflexions, que Marie nous aide toujours à tendre vers un «lâcher-prise», à «calmer notre mental», à «gérer nos émotions», à «guérir nos blessures» et à «écouter nos intuitions». On ne peut pas avoir meilleure ambassadrice, lobbyiste et interprète, médecin des âmes, que Marie elle-même.

Enfin, le sanctuaire Marie-Reine-des-Cœurs de Chertsey doit demeurer un endroit par excellence pour réajuster notre raison de vivre souvent défaillante, et ce, pour notre plus grand bien.

Merci au Père Eusèbe Ménard de m’avoir permis, durant cinq belles années au collège, de devenir un partisan engagé de Notre-Père Céleste.

«À Jésus par Marie[2]», tout en «se préparant pour la vie et non pas pour la mort.[3]»

 

Notes :

[1] ZUNDEL, Maurice (1934) « Le poème de la Sainte liturgie », pages 237-239, repris dans Vénère ta divine liturgie, pages 248-249.

[2] Le Bienheureux Louis-Marie Grignon de Montfort (1843), Le traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge.

[3] LENOIR, Frédéric (2012), Le petit Traité de la vie intérieure, page 150.

 

DENIS GAUTHIER
Président du conseil d’administration de la Fondation Père-Ménard

 

Texte diffusé dans le blogue de spiritualité de la Fondation Père-Ménard, le 16 octobre 2024.