« Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » (Mt 28, 20)
Voici une parole rassurante que Jésus adresse à ses disciples lors de sa dernière apparition en Galilée. Jésus, l’Emmanuel, c’est-à-dire « Dieu avec nous » (Mt 1, 23), bien que disparaissant aux yeux de ses disciples, les rassure de sa présence effective et permanente. En Jésus, la disparition n’est pas absence.
Après s’être montré à ses disciples 40 jours durant, Jésus va complètement se soustraire à leurs regards. Ces 40 jours entre la Résurrection et l’Ascension constituent un temps d’affermissement et de consolidation de la foi des disciples qui vont composer l’Église naissante. L’Ascension n’est pas le départ du Christ mais l’entrée dans l’âge adulte du chrétien qui, pour voir la présence du Christ, n’a plus besoin des yeux de la chair mais ceux de la foi. À l’Ascension, Jésus ne s’en va pas définitivement mais se rend plutôt présent différemment. L’Ascension inaugure et consacre une nouvelle forme de présence du Seigneur au cœur de l’humanité. À Noël, Dieu vient planter sa tente parmi nous pour se laisser voir, à l’Ascension, il vient la retirer pour se laisser percevoir, passant ainsi d’une présence visible éphémère à une présence invisible permanente.
Si à l’Ascension nous cessons de voir physiquement Jésus, sa présence n’en est pas moins effective, perceptible et efficace. L’efficacité d’une présence ne réside pas dans son caractère ostentatoire mais plutôt dans son action invisible mais réelle. Jésus-Christ est avec nous mais il ne peut se révéler sans nous. C’est à nous chrétiens qu’il revient de manifester la puissance de cette présence du Seigneur au cœur du monde à travers un témoignage de vie édifiant et transformateur.
Célestin ONGONO, m.s.a.