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L’être mutuellement en Jésus-Christ

« Membres les uns des autres » nous oblige

 à vivre une intense vie communautaire.

 

  • Tous ensembles, nous formons le corps du Christ. Dans le Christ nous sommes un. Notre vie spirituelle a une dimension de profonde verticalité qui nous plonge tous dans le mystère de la vie de Jésus-Christ. Parce que nous sommes tous enracinés dans le Christ, la dimension verticale crée une nouvelle dimension horizontale par laquelle les chrétiens, nous nous trouvons transformés en Lui, comme «  membres les uns des autres » Rom.12, 5
  • Saint Paul découvre cette profonde relation des uns avec les autres, en partant de son principe universel de l’union de tous avec le Christ. De sa description se déduisent clairement ces principales conclusions :
  1. Le chrétien doit perdre le sentiment d’indépendance, d’individualisme et d’autosuffisance.
  2. Au contraire, il doit se persuader que le spécifique qui le constitue n’a d’autre raison d’être que le bien commun, la totalité, de telle manière que nous agissons mal non seulement quand nous faisons le mal mais aussi quand nous sommes absents de la coopération positive, avec toutes nos forces, au service de tous.
  • Voyons quelques textes. Le premier texte qui nous montre cela est la lettre aux Romains (12, 4 et ss.)En partant du principe que notre union à Jésus-Christ nous unit aussi à tous se déduisent des normes concrètes de fraternité, on descend à des détails très minutieux qui nous aident à comprendre à chaque étape :

« En effet, comme nous avons plusieurs membres en un seul corps et que ces membres n’ont pas tous la même fonction; ainsi, à plusieurs, nous sommes un seul corps en Jésus-Christ, étant tous membres les uns des autres, chacun pour sa part.» Il continue en énumérant certains charismes et le fait que leur exercice est bénévole en concluant avec d’autres recommandations.

« Que votre amour soit sincère, fuyez le mal avec horreur, attachez-vous au bien. Que l’amour fraternel vous lie d’une mutuelle affection; rivalisez d’estime réciproque, d’un zèle sans nonchalance, d’un esprit fervent, servez le Seigneur. Soyez joyeux dans l’espérance, patients dans la détresse, persévérants dans la prière. Soyez solidaires des saints dans le besoin, exercez l’hospitalité avec empressement. »

  • Et saint Paul va jusqu’à l’extrême des exigences de notre union universelle avec le Christ : l’amour inclut les ennemis. La raison est évidente; En nous, nous devons faire prévaloir plus la considération de ce qui nous unit au Christ que les différences humaines qui nous séparent.

« Bénissez ceux qui vous persécutent, ne maudissez pas.

Réjouissez-vous avec ceux qui sont dans la joie, pleurez avec ceux qui pleurent.

Soyez bien d’accord entre vous; n’ayez pas le goût des grandeurs, mais laissez-vous attirer par ce qui est humble. Ne vous prenez pas pour des sages.

Ne rendez à personne le mal pour le mal;

Ayez à coeur de faire le bien devant tous les hommes. S’il est possible, pour autant que cela dépend de vous, vivez en paix avec tous les hommes; ne vous vengez pas vous-même, mais laissez agir la colère de Dieu car il est écrit :

«A moi la vengeance, c’est moi qui rétribuerai, dit le Seigneur.

Mais si ton ennemi a faim, donne-lui à manger,

S’il a soif, donne-lui à boire, car, ce faisant, tu amasseras des charbons ardents sur sa tête.

Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais sois vainqueur du mal par le bien.» Rom. 12, 14-21

  • Voyons d’autres textes de Saint Paul. Ce qu’il dit nous dévoile avec plus de force encore que la raison d’être de notre individualité et de ce que nous avons de personnel, est dans le service et la communication avec les autres.

Paul part de la ressemblance avec le corps humain :

«En effet, le corps est un,

et pourtant il y a plusieurs membres; mais tous les membres du corps, malgré leur nombre, ne forment qu’un seul corps; il en est de même du Christ.

Car nous avons tous été baptisés dans un seul Esprit pour être un seul corps

Juifs ou Grecs; esclaves ou hommes libres; et nous avons tous été abreuvés d’un seul Esprit

Le corps ne se compose pas d’un seul membre mais de plusieurs.

Si le pied disait : « comme je ne suis pas une main, je ne fais pas partie du corps » cesserait-il pour autant d’appartenir au corps? Si l’oreille disait : «Comme je ne suis pas un œil, je ne fais pas partie du corps » cesserait-elle pour autant d’appartenir au corps?

Si le corps entier était œil, où serait l’ouïe ? Si tout était oreille, où serait 1′ odorat?

Mais Dieu a disposé dans le corps chacun des membres, selon sa volonté. Si l’ensemble était un seul membre, où serait le corps?

Il y a donc plusieurs membres mais un seul corps. L’œil ne peut pas dire à la main : « je n’ai pas besoin de toi. » Ni la tête dire aux pieds : « je n’ai pas besoin de vous »

Bien plus, même les membres du corps qui paraissent les plus faibles sont nécessaires et ceux que nous tenons pour les moins honorables, c’est à eux que nous faisons le plus d’honneur, et ce que nous avons d’indécent, on le traite avec le plus de décence ; ce que nous avons de décent n’en a pas besoin. Mais Dieu a disposé le corps de manière à donner davantage d’honneur à ce qui en manque, pour qu’il n’y ait point de division dans le corps, mais qu’au contraire les membres se témoignent une mutuelle sollicitude.

Si un membre souffre, tous les membres partagent sa souffrance.

Si un membre est à l’honneur, tous les membres partagent sa joie

Or, vous êtes le corps du Christ et vous êtes ses membres, chacun pour sa part.» 1 Co. 12, 12- 27

La conclusion est évidente : nous ne sommes plus membres les uns des autres quand nous créons la désunion entre l’humain et le divin.

Être «  membres les uns des autres» signifie une communion de biens, d’espérance, d’efforts, d’illusions. Chrétiennement, on ne peut pas vivre en solitaire, mais dans une solidarité universelle.

Ceci est le fondement de la véritable fraternité : ce qui suppose toutes les relations fraternelles de ce monde pour les transformer en un nouveau lien de forces divines et éternelles : la fraternité universelle de tous en Jésus-Christ…

 

Extrait du livre

SPIRITUALITÉ DU CORPS MYSTIQUE DU CHRIST

Du

Père Eusèbe MENARD, o.f.m.

Fondateur de la Société des M.S.A.