« Laissez-les pousser ensemble jusqu’à la moisson » (Mt 13, 30a).
La parabole de l’ivraie qui retient ici notre attention, fait suite à celle du semeur dont il a été question dimanche dernier. Alors qu’on y a démontré que la possibilité de la récolte dépend de la qualité du sol qui reçoit la graine, il s’agit, dans cette parabole, de montrer que la séparation de la mauvaise herbe de la bonne ne se fait qu’au moment de la récolte. Ce qui nécessite de la patience. Le Seigneur nous invite ce jour à être ces murs de patience et de tolérance où viennent se briser les vagues agitées des jugements prématurés et des condamnations hâtives.
L’image de la bonne graine que Dieu laisse pousser avec l’ivraie nous édifie sur les attitudes d’indulgence que nous devons avoir à l’égard de nos frères et sœurs qui choisissent les chemins de la perdition et de la destruction. Il s’agit non seulement d’être indulgent et patient avec les autres mais aussi et surtout, envers nous-mêmes dont le cœur se trouve constamment écartelé entre le bien et mal ; car, comme le dit saint Paul, il nous arrive de ne pas faire le bien que nous voulons mais de pratiquer le mal qui nous répugne (cf. Rm 7, 19).
Nous n’avons pas à nous ériger en juges contre les autres ou contre nous-mêmes de façon radicale et expéditive. Il s’agit plutôt pour nous, d’éviter, autant que possible le péché et nous battre pour ne pas rester accroché dans les filets du Malin. Oui, lorsqu’on est pris dans le piège du péché, il y a possibilité de s’en extirper. Le chemin du retour vers la maison du Père est toujours possible et ce, malgré la longueur et la durée du trajet (cf. Lc 15, 11-32). Il faut juste y croire et s’y engager résolument. La foi qui est ici nécessaire à notre démarche de conversion, se nourrit d’un bon discernement. Ce qui exige du temps et de la patience qui constituent une force redoutable contre l’ennemi de la nature humaine.
Célestin ONGONO, msa