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« Si ton frère a commis un péché, va lui parler seul à seul… «  (Mt 18, 15)
Aujourd’hui, Jésus nous propose les différentes étapes ou le mode d’emploi de
la correction fraternelle. Celle-ci doit d’abord privilégier le dialogue et la
rencontre interpersonnelle. La communauté ou les institutions n’interviennent
qu’en dernier recours (cf. Lc 18, 15-17). Nous devons tout faire pour sauver le
frère ou la sœur égarée et non lui fermer la voie d’un retour ou la possibilité
d’une conversion. Loin d’être un lieu de sanction, la communauté constitue un
moyen de préservation, de consolidation de la fraternité et de la communion.
Celui qui a péché, avant d’être un coupable, est un frère à aimer et à
pardonner. La correction fraternelle n’est pas seulement un devoir mais un acte
d’amour et une dette dont il faut s’acquitter :  » Ne gardez aucune dette envers
personne, sauf la dette de l’amour mutuel, car celui qui aime les autres a
parfaitement accompli la Loi » (Rm 13, 8).
Plus qu’un devoir et une dette, la correction fraternelle constitue une
responsabilité dont il faut rendre compte devant le Seigneur.  » Le Seigneur dit à
Caïn: « Où est ton frère Abe ». Il répondit :  » Je ne sais pas. Suis-je le gardien
de mon frère ?  »  » (Gn 4, 9). Oui, « qu’as-tu fait de ton frère ou de ta sœur ?  »
Telle est la question qui nous est sans cesse adressée par le Seigneur. Il s’agit
d’un appel à la coresponsabilité. Nous sommes responsables de nos frères et
sœurs pour lesquels nous avons à nous battre pour les aider à sortir de leurs
égarements momentanés ou réguliers. Certes, la conversion n’est pas forcée
mais elle peut être stimulée à travers la correction fraternelle. Nous ne sommes
peut-être pas les gardiens de nos frères et sœurs, mais des  » guetteurs « , non pas
dans le sens de les épier, surveiller, juger ou moraliser, mais plutôt dans le sens
de leur éviter des dangers plus grands en attirant avec délicatesse leur attention
sur ce qu’ils peuvent éviter ou corriger. Si l’attitude policière dans la vie de
l’autre est à proscrire, l’insensibilité et l’indifférence ne sont non plus à exalter.