« Je ne te dis pas jusqu’à sept fois mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois » (Mt 18, 22).
Cette parole de Jésus se situe aux antipodes de la suivante : « une fois, ça passe ; deux fois ça lasse ; trois fois ça casse ! ». Du pardon mesuré, calculé et raisonnable, Jésus nous conduit au pardon démesuré, sans limite. Le récit de la parabole du débiteur impitoyable en est la parfaite illustration.
Ce qui est frappant dans ce récit, c’est, d’une part, l’importante somme d’argent du débiteur : soixante millions de pièces d’argent (cf. Mt 18, 24). Ce serviteur est si lourdement endetté qu’en dépit de la bonne volonté, des efforts et du travail qu’il aurait à fournir toute sa vie, jamais il ne parviendrait à épuiser le remboursement. D’autre part, c’est l’extrême largesse, la bonté démesurée du roi qui va jusqu’à effacer toute la dette de son serviteur qui surprend.
Devant Dieu, nous sommes des débiteurs insolvables, c’est-à-dire, des pauvres pécheurs incapables de rembourser toutes les offenses que nous posons à son encontre, et pourtant, quand nous le supplions, quand nous crions vers lui, il est « saisi de compassion » (cf. Lc 15, 20) et nous remet nos dettes, à travers le pardon total qu’il nous accorde.
Cette attitude de bonté extrême traduit le pardon sans limite que chacun doit manifester à l’égard de son prochain. Le pardon ne se mesure pas. Il ne se compte pas. Il se donne inconditionnellement et permanemment. Il est source de joie et de paix. « Le pardon est le moyen déposé dans nos mains fragiles pour atteindre la paix du cœur » (Pape François, Misericordiae Vultus, no 9).
Célestin ONGONO, msa.